Utilisateur
Le cancer colorectal est une maladie due à une multiplication excessive et incontrôlée des cellules (prolifération cellulaire anarchique).
Il prend naissance dans les glandes de Lieberkühn (petites glandes situées dans la muqueuse intestinale) et évolue de façon autonome, sans limite de croissance
🔴 Risque très élevé → surveillance par (coloscopie : examen avec une caméra pour visualiser l’intérieur du côlon)
• Polypose adénomateuse familiale (PAF) : maladie rare où le côlon développe beaucoup de polypes (petites excroissances qui peuvent devenir cancéreuses).
• Syndrome de Lynch : maladie héréditaire (qui se transmet dans la famille) qui augmente beaucoup le risque de cancer colorectal, même si la personne n’a pas de polypes.
Risque élevé → coloscopie recommandée
• ATCD (antécédents) personnels ou familiaux de polypes ou de cancers colorectaux : si toi ou ta famille avez déjà eu des polypes ou un cancer, le risque augmente.
• MICI (maladies inflammatoires chroniques de l’intestin) : inflammation longue durée du côlon qui favorise le cancer :
• Maladie de Crohn : inflammation qui peut toucher tout le tube digestif.
• Rectocolite hémorragique (RCH) : inflammation du rectum et du côlon qui provoque du sang dans les selles.
Risque modéré → dépistage recommandé (test immunologique ou coloscopie)
• Toute personne de plus de 50 ans sans autre facteur de risque particulier.
• Ces cancers sont souvent sporadiques (qui apparaissent au hasard, sans cause familiale ou génétique) et représentent environ 75 % des cas.
🔹 Dépistage organisé
• Population cible : les personnes de 50 à 74 ans.
• Test immunologique (test sur les selles qui détecte la présence de sang invisible à l’œil nu) : à faire tous les 2 ans, simple, gratuit et fiable.
• Seuls 4 % des tests sont positifs, c’est-à-dire qu’ils montrent un risque de cancer ou de polype.
• Importance du dépistage précoce : si le cancer est détecté tôt, 90 % des cas peuvent être guéris.
• Taux de participation en France : seulement 34,6 % des personnes concernées participent.
• L’objectif est 45 % pour pouvoir sauver environ 4 500 vies chaque année.
🔹 Dépistage individuel
• Pour les personnes à risque élevé ou très élevé (ex : PAF, syndrome de Lynch, antécédents familiaux, MICI), la surveillance est personnalisée :
• On fait des coloscopies régulières (examen avec caméra pour inspecter le côlon) pour détecter rapidement les polypes ou cancers.
1. Par des symptômes digestifs :
• Douleurs abdominales (mal au ventre).
• Rectorragies (sang rouge dans les selles).
• Modifications du transit intestinal : diarrhée ou constipation.
• Faux besoins (envie fréquente d’aller à la selle sans résultats).
2. Par des signes généraux :
• Anémie ferriprive (manque de fer dans le sang, fatigue).
• Amaigrissement (perte de poids non volontaire).
• Altération de l’état général (fatigue, faiblesse).
3. Complications sévères :
• Occlusion intestinale (blocage de l’intestin).
• Perforation (trou dans l’intestin, urgence médicale).
• Poids, taille, IMC (indice de masse corporelle, mesure du surpoids ou maigreur).
• Sarcopénie (perte de masse musculaire).
• Palpation abdominale : recherche de masse ou sensibilité.
• Toucher rectal : indispensable si suspicion de cancer du rectum.
• Signes d’anémie : pâleur, fatigue.
• Auscultation pulmonaire : écouter les poumons pour chercher des métastases.
• Histologie : analyse au microscope des tissus prélevés (biopsie) ou pièce opératoire pour confirmer le cancer.
• Coloscopie : examen de référence pour visualiser la tumeur et prélever des échantillons.
• Bilan d’extension : scanner thoraco-abdomino-pelvien (TAP) pour rechercher des métastases.
• Bilan biologique :
• Marqueurs tumoraux (ex : ACE / CEA) pour suivre la maladie.
• Statut MSI (instabilité microsatellitaire), test génétique pour certains cancers héréditaires.
• IRM rectale : surtout pour les cancers du rectum, permet de mieux voir la profondeur et les structures proches.
1. Origine
• Le cancer commence souvent par une dysplasie adénomateuse (modification anormale des cellules dans un polype bénin appelé adénome, qui peut devenir cancéreux avec le temps).
• Si ces cellules continuent à se multiplier sans contrôle, elles forment un adénocarcinome (cancer qui prend naissance dans les cellules glandulaires de la muqueuse intestinale).
⸻
2. Mécanismes de formation du cancer (cancérogenèse)
1. Instabilité chromosomique (85 % des cas) :
• Les chromosomes (structures contenant l’ADN) deviennent instables et subissent des mutations (changements de l’ADN qui perturbent le fonctionnement normal des cellules).
• Exemples de gènes touchés :
• p53 : gène qui empêche la croissance des cellules anormales.
• KRAS : gène qui contrôle la division des cellules.
2. Instabilité microsatellitaire (15 % des cas) :
• Défaut de réparation de l’ADN (MSI, instabilité microsatellitaire) qui permet aux erreurs génétiques de s’accumuler.
• Souvent associée au syndrome de Lynch (forme héréditaire qui augmente fortement le risque de cancer colorectal).
⸻
3. Extension du cancer
• Locale : le cancer peut envahir la paroi intestinale (tissus de l’intestin) et les ganglions lymphatiques voisins.
• À distance (métastatique) : le cancer peut se propager vers le foie, les poumons ou le péritoine (membrane qui recouvre les organes abdominaux).
Classification TNM du cancer colorectal
La classification TNM sert à savoir l’étendue du cancer :
• T (Tumeur) : mesure l’infiltration pariétale (à quel point la tumeur a pénétré dans la paroi de l’intestin).
• N (Ganglions lymphatiques) : indique si le cancer a touché les ganglions lymphatiques voisins (petits organes qui filtrent la lymphe et participent à la défense immunitaire).
• M (Métastases) : montre si le cancer s’est propagé à d’autres organes à distance, comme le foie, les poumons ou le péritoine (membrane qui entoure les organes abdominaux).
• Résection endoscopique (stades précoces) : retirer la tumeur directement via la (coloscopie) si elle est très petite et peu invasive.
• Chirurgie : enlever la partie du côlon touchée, par exemple :
• Colectomie : ablation d’une partie du côlon.
• Sigmoïdectomie : ablation du sigmoïde (partie finale du côlon avant le rectum).
• Traitements adjuvants : traitements complémentaires après la chirurgie pour tuer les cellules restantes :
• Chimiothérapie : médicaments qui tuent les cellules cancéreuses.
• Thérapies ciblées : médicaments qui bloquent des protéines spécifiques des cellules cancéreuses.
• Immunothérapie : stimule le système immunitaire pour attaquer le cancer, selon le stade et le risque.
• Radiochimiothérapie néoadjuvante : radiations + chimiothérapie avant la chirurgie pour réduire la taille de la tumeur (utilisée surtout pour les stades avancés).
• Chirurgie : enlever la tumeur tout en essayant de préserver le (mésorectum, tissu autour du rectum qui contient des vaisseaux et des ganglions).
• Exemple : TME (Total Mesorectal Excision), chirurgie standard pour le rectum.
Chimiothérapie + thérapies ciblées : par exemple
Anti-VEGF : bloque la formation de nouveaux vaisseaux sanguins pour nourrir la tumeur.
Anti-EGFR : bloque certaines protéines qui stimulent la croissance des cellules cancéreuses.
• Immunothérapie : exemple Pembrolizumab pour les cancers colorectal avec MSI (instabilité microsatellitaire, défaut de réparation de l’ADN).
• Traitements loco-régionaux : traitements appliqués directement sur la zone touchée, comme :
Chimiothérapie intra-artérielle (injection directe dans l’artère qui alimente la tumeur).
Radiofréquence (utilisation de chaleur pour détruire les cellules cancéreuses).
1. Examen clinique
• Tous les 3 mois pendant les 3 premières années, puis tous les 6 mois pendant 2 années supplémentaires.
• Permet de vérifier l’état général, la cicatrice chirurgicale, la présence de signes de récidive ou de complications.
2. Imagerie régulière
• Scanner TAP (thoraco-abdomino-pelvien) ou échographie : pour contrôler que le cancer ne soit pas réapparu ou qu’il ne se soit pas propagé à d’autres organes.
3. Coloscopie
• Dans les 6 mois après l’opération si la coloscopie préopératoire n’était pas suffisante pour visualiser tout le côlon.
• À 3 ans, puis à 5 ans si les résultats sont normaux, pour vérifier l’absence de nouveaux polypes ou de récidive.
