• Fréquence : Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez les hommes après 50 ans.
• Incidence : On en diagnostique de plus en plus car on fait beaucoup de dépistages grâce à une prise de sang (le PSA).
• Traitement : Il dépend de l’étendue du cancer :
• Localisé : la tumeur est seulement dans la prostate.
• Localement avancé : elle a dépassé la prostate, mais reste voisine.
• Métastatique : elle s’est propagée, surtout aux ganglions ou aux os.
• Évolution : Ce cancer évolue lentement, il peut mettre plusieurs années avant de devenir grave.
• Âge : Moins de 1 % des cas avant 40 ans. Environ 12,5 % entre 60 et 80 ans.
• Antécédents familiaux : si un proche parent (père, frère) a eu un cancer de la prostate, le risque est plus élevé..
• Origine ethnique : Risque plus élevé chez les populations d’origine noire que chez les Européens.
• Exposition iatrogène : Notamment au chlordécone (aux Antilles).
• Dépistage de masse : Non recommandé=on ne fait pas de dépistage systématique chez tous les hommes
• Dépistage individuel :
-PSA = une prise de sang qui mesure une protéine produite par la prostate.
-TR = toucher rectal, le médecin palpe la prostate avec un doigt pour sentir si elle est dure ou anormale.
• Avant de faire ces tests, on explique au patient que :
• Les résultats peuvent être trompeurs (incertitudes).
• Les traitements peuvent provoquer des effets indésirables.
Objectifs du dépistage
• Diminuer la mortalité liée au cancer de la prostate (jusqu’à –20 % dans certains cas).
• Maintenir ou améliorer la qualité de vie des patients.
Premier PSA : entre 45 et 50 ans.
Selon le risque :
• Faible risque : PSA < 1 ng/mL → refaire le test tous les 5 ans.
• Risque intermédiaire : PSA entre 1 et 1,9 ng/mL → refaire tous les 3 ans.
• Haut risque (antécédents familiaux, origine afro-antillaise) : PSA > 1,9 ng/mL → contrôle tous les ans jusqu’à 70 ans.
Arrêt du dépistage : après 75 ans, ou si l’espérance de vie est inférieure à 10 ans.
Elle sert à classer le cancer de la prostate selon le risque d’évolution (faible, intermédiaire ou élevé).
👉 Ça aide les médecins à choisir le traitement le plus adapté.
📌 Les 3 critères utilisés :
1. Le PSA : une protéine mesurée dans le sang. Plus il est élevé, plus le risque est grand.
2. Le score de Gleason : une note (de 6 à 10) qui décrit l’agressivité des cellules cancéreuses au microscope.
• 6 = peu agressif
• 7 = intermédiaire
• 8 à 10 = très agressif
3. Le stade T (TNM) : correspond à l’extension de la tumeur dans la prostate.
• T2a = petite partie de la prostate
• T2b = la moitié d’un lobe ou un peu plus
• T2c = les deux lobes de la prostate
Les 3 groupes de risque :
• Bon pronostic (faible risque)
• PSA ≤ 10 ng/mL
• Gleason ≤ 6
• Tumeur limitée à une petite partie de la prostate (T2a)
• Risque intermédiaire
• PSA entre 10 et 20 ng/mL
• Gleason = 7
• Tumeur un peu plus étendue (T2b)
• Mauvais pronostic (haut risque)
• PSA ≥ 20 ng/mL
• Gleason ≥ 8
• Tumeur qui touche toute la prostate (T2c)
C’est l’ensemble des examens qu’on fait pour savoir si le cancer est limité à la prostate ou s’il s’est propagé ailleurs dans le corps.
Examens radiologiques :
• IRM prostatique : sert à voir précisément la prostate et vérifier si la tumeur reste localisée.
• Scintigraphie osseuse : permet de détecter des métastases dans les os (les cancers de la prostate vont souvent dans les os).
• Scanner (TDM thoraco-abdomino-pelvien) : regarde s’il y a des ganglions atteints dans le thorax, l’abdomen ou le bassin.
Localisations fréquentes des métastases :
• Os : atteints dans environ 95 % des cas quand il y a des métastases.
• Ganglions : pour les détecter, on peut faire un prélèvement (biopsie ou curage ganglionnaire) si on a un doute.
1️⃣ Formes localisées (cancer limité à la prostate)
• Prostatectomie radicale : chirurgie où on enlève toute la prostate (parfois aussi les ganglions voisins → curage).
• Complications possibles :
• Incontinence urinaire (fuites d’urine) : 5 à 15 % des cas.
• Impuissance (troubles de l’érection) : 50 à 80 % des cas.
• Radiothérapie externe : on envoie des rayons sur la prostate pour détruire les cellules cancéreuses.
• Effets secondaires :
• Irritation de la vessie (cystite).
• Irritation du rectum (rectite).
• Rétrécissement de l’urètre (sténose).
• Curiethérapie : on place de petites graines radioactives directement dans la prostate.
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2️⃣ Formes localement avancées (cancer dépasse un peu la prostate mais pas encore très loin)
• Protocole BOLLA : association de radiothérapie + hormonothérapie pendant 3 ans.
👉 L’hormonothérapie diminue la testostérone (l’hormone qui « nourrit » le cancer).
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3️⃣ Formes métastatiques (cancer qui s’est propagé, par ex. aux os ou ganglions)
• Castration (but = bloquer la testostérone) :
• Chirurgicale : ablation des testicules (orchiectomie bilatérale).
• Chimique : injections de médicaments (analogues/antagonistes de la LHRH, ex. Dégarélix) qui bloquent la production de testostérone.
• Chimiothérapie : par exemple Docétaxel, utilisé si le cancer devient résistant à l’hormonothérapie.
C’est une stratégie qui consiste à ne pas traiter immédiatement un cancer de la prostate à faible risque, mais à le surveiller régulièrement (analyses, examens).
But : éviter un surtraitement et les effets secondaires lourds (incontinence, impuissance, etc.), tout en gardant la possibilité d’intervenir si le cancer progresse.
📌 Critères de Klotz (pour choisir les patients éligibles)
La surveillance active est proposée si :
• PSA < 10 ng/mL (faible taux).
• Gleason ≤ 6 (cancer peu agressif).
• Biopsies limitées :
• maximum 2 biopsies positives
• moins de 50 % de la prostate atteinte.
👉 Donc réservée aux cancers petits, peu agressifs et peu étendus.
🔎 Suivi habituel
• Dosage du PSA régulièrement.
• Toucher rectal périodique.
• IRM ou nouvelles biopsies si suspicion d’évolution.
